Idee

L'idée

Face-à est une démarche artistique et poétique qui explore la perception de l’environnement par la mise à nu du corps photographié et celle d’une écriture inspirée de la photographie.

Dans un premier temps, je me prend en photo dans un environnement qui m’inspire.

Dans un deuxième temps, j’écris un texte d’après la photo et inspiré de l’environnement où je me trouve.

Cette démarche poétique évoque les filtres de perceptions qui permettent à l’être humain d’interprêter son environnement stimulé par ce même environnement.

Le choix de la mise à nu du corps aborde cette démarche avec transparence, sans “filtre vestimentaire”.

La mise à nu du texte offre une liberté dans l’interprétation de l’image, jusqu’à imaginer, modeler ce qui nous entoure, par la poésie.

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Cette démarche publiée uniquement sur facebook a suscité le partage et la rencontre.

Le partage qu'on peut retrouver dans une des photos ou un ami voulait participer à l'expérience pour affirmer sa transparence dans ses idées politique.

La rencontre dans la mise à nu d'un ami dans son environnement intime et quotidien pour symboliser l'acceptation de ce qu'il est, avec ses défauts et ses qualités.

Alors si vous êtes interessé.e à apporter quelque chose à cette démarche totalement ouverte, faites- moi signe.

Une idée sur le texte, être photographié ou concept photographique ? Un lieu d'expo à proposer pour échanger ? Faites-moi un grand signe !

facea.project@gmail.com

Parler

Si vous avez quelque chose à exprimer par rapport cette démarche artistique, parlons-en.

facea.project@gmail.com

Face à l'avenir, je cherche mon chemin dans le fjord du Saguenay que je m'apprête à quitter, habillé d'un vent tiède et léger. J'entend la Gaspésie qui m'appelle, alors je vais partir de cette plateforme instable.

Face au passé broyé par les hélices d'un traversier décidé à aller de l'autre coté, assis, je réfléchis.

Le vent avale le temps qui s'attache aux rembardes, le temps détale du vent qui s'attache à ma barbe.

La lumière de mes réponses a du mal à éclairer les zones sombres de mes questionnements.

Alors je vais partir de cette lampe qui me brûle les fesses.

Face à l'autre coté, sur le plus gros des cailloux que le fleuve ai choisi de ramener de son voyage avec les baleines, je m'accroupis et me demande pourquoi c'est celui là que j'ai choisi.

Lequel des petits cailloux il a choisi de ramener, lui ? Tous sont ses petits ?

J'ai l'air de me croire différent, le vent m'a peut-être ramené de son voyage avec les corbeaux, et se demande pourquoi je la ramène autant, en soupirant sur les nuages.

Face à la magie des astres, mes pieds se lèvent au milieu de la danse des herbes hautes et mes bras s'élèvent aux cieux de la dense galaxie, mais mon corps ne bouge pas.

Face à une île verte Monumentale, incliné devant une flaque marron Terrifiée, je refais mon lacet pieds nus. La Terre s'y fierait au Monument, mais le mot nu ment, trop mental l'humain. La Terre suffit.

Face à un rocher percé, en équilibre sur la frontière entre terre et mer téméraires, la couronne de roche ouvre le chemin jusqu'aux racines nichées dans la terre. Derrière dans l'air, devant dans le vent, je préssens le présent.

Face aux plus hautes marées du monde, nu comme un mollusque sans carapace, je m'offusque à voir tout ces rapaces.

Les algues sont remontées !

A voix basse, assises sur un rocher, elles jasent de cette marée humaine immonde qui inonde leur prairie.

A voix haute, debout sur leurs idées, elle s'emporteraient à divaguer qu'il leur manque une case à défaire leur lit.

"Entre deux eaux vous f'rez pas de vieux os !" balbutie l'une d'entre elles.

Perché sur son caillou, un sapin respire peu à peu les bulles bouillonnantes de ces algues mécontentes, puis se joue :

"Ne soyez pas si accrochées à vos idées, le sable n'est pas votre propriété. Vous aurez la marée haute pour danser sur les rochers !

Ils ont leur place ces rapaces, bien qu'ils fassent des traces.

Quant à moi, je tends l'oreille et les surveille. Si leurs traces nous encrassent, le vent soufflera à notre Mer qu'elle les efface..."

Face à une demeure remplie de fenêtres vides au milieu d'un quelque part déserté, les balançoires poussées par un vent triste dansent sur le chant de leurs chaînes rythmé par le blues d'un départ pour ailleurs et sur l'odeur d'un mauvais whisky accompagnant la sensation d'une présence qui s'interroge sur la nudité de sa longue solitude, dans l'interminable phrase de son histoire sans point

Face à une ville froide et ensoleillée, le bruit des marteaux piqueurs fait trembler les immeubles immobiles. Fenêtres fermées, les gens ne s'entendent plus crier, ne s'écoutent pas prier.

Assis au sommet d'une pierre montagneuse, à la frontière du contraste, j'entend le pic vert qui tambourine au sommet des troncs en béton, à faire vibrer les cloisons de cette prison.

Les gens entendent le bruit du marteau et n'écoutent pas le son de l'oiseau, qui finit par s'envoler chercher d'autres sourds, à libérer de leur tour.

Face à l ‘étalage envoutant d’un paquet de sachets de choix affamés de me voir les manger en votant pour eux, quelque chose me grignote la tête.

Inutile de se voiler la face de plastiques bruyants et colorés, en dévoilant des slogans différents et le crier,

Par des phrases arborées par des mots jolis, articulées par des sots polis.

Par de l’art cheap pour des chips au goût « peur », et si ça rentre pas on « mets de la crème » « parce-que du beurre c’est du beurre »,

Par art-peur pour pire, les mots me mangent la tête ! A force de les lire je vais les élire !

Respire et pars me souffle la petite voix, au pire écoute « La petite vie »,

Et puis ris !

Face au loin éclairé de cette ruelle sombre, je me sens encerclé dans un carré, qui à droite déborde d'un mal foncé que les pierres ne peuvent plus porter, sur un sol que les feuilles tapissent d'un été tombé, pompé à la paille par un mur jamais comblé, sous un ciel impressionniste de Claude Monnet.

Sauvé.

Face au futur d'un rêve arrivé en gare, accoudé au comptoir d'un rail égaré, survolé par Icare, je commande un allongé entouré de 42 millions de cailloux sur lesquels flottent des wagons vides.

L'Eure est arrivée de les remplir de tout les rêves qui s'entassent dans la tête de ceux qui luttent à les réaliser, làs, de les assoir en première classe, pourvu qu'ils discutent avec ceux en deuxième, pourvu qu'ils aient tous leur place, pourvu qu'ils sèment.

Alors la vieille pyramide de béton, à l'arrêt, fatiguée d'avoir consumé des rêves plein de cauchemards, ruinée par l'ivresse de ment-songes sagement avares, pourra enfin prendre un nouveau départ.

Loin des rails déraillés d'un passé trépassé, les nouveaux rêves, charbon des wagons prêts à partir, s'alignent vers un avenir sans conducteur, en tant qu'acteurs.

Face à l'horizon d'une mer nature d'où jaillissent les troncs d'une terre mature, je navigue entre les vagues.

L'automne et l'hiver ne sont toujours pas d'accord, sur la couleur du paysage de ce décor.

L'eau tonne et libère les éclairs orageux, par les branches d'un climat gris et tempétueux.

Flop... flop... le vent tiède fait clapoter les herbes mortes sur la coque, Toc... Toc... - "Mais c'est pas bientôt fini cette poésie hippie ??"

Frappe Vincent à la calle de ce bateau rustique, occupé à boucher les fuites.

- Oh ça va, je joue au berger des mers ou au marin des terres tu vois...

- J't'avais dit d'faire une photo avec les moutons, tu l'aurais eu ton berger face à l'avenir du passé j'sais pas quoi !! .

- Ou alors : Arrivé sur l'aile droite après une passe en profondeur au large du défenseur noyé d'épuisement, le goal en palette trop avancé court le risque de se faire lober...

- Tu m'fatigues !!

Face au monde déjanté d'un DJ hanté par la joie de jouer du son, déguisé à sa guise par les gants du lapin blanc, j'ai l'impression d'être tombé au fond du terrier.

- Que viens-tu faire ici ??

- J'ai perdu ma clé, ne l'as tu pas trouvé ?

- Ici rien ne se cherche alors rien ne se trouve. Tout ce qui tombe entre dans ce monde.

- Rien sous la table...

- Ne perd pas ton temps à chercher, comme elle tu es tombé dans ce terrier !

- Mais comment vais-je rentrer chez moi ? Je dois la retrouver, je n'ai pas le choix !

- Mais comment vais-je rentrer chez moi ? Je dois la retrouver, je n'ai pas le choix !

- Je vais te raconter mon histoire, tu comprendras tôt ou tard : Un jour je suis tombé dans ce terrier, comme toi et comme ta clé. Je me suis senti seul et perdu, pas de télé, pas d'ordi, pas d'oreiller ni de lit. Il n'y avait rien et je n'avais rien perdu ! Je n'ai donc rien compris ! En colère, je criais de rage pendant des heures, "qu'on m'envoit de l'aide, j'ai peur !". Une table rouge à pois blanc est tombée. Mais ça ne sert à rien ça ! Puis une perruque blonde tomba, un hippopotame, un ballon, du sel, du poivre, aucun sens je crois rêver !

Que vais-je faire de tout ces objets ? Comme toi je n'avais pas le choix !

- Comment ça ?

- Je me suis créé un monde, je m'amuse quoi, sinon j'aurais crié toutes mes larmes à perte de voix ! Ce que j'avais perdu c'était la joie.

- Bien, émouvant. Et ma clé ?

- Ici il n'y a pas de porte ! Bon aller Hervé s'ennuit, Je vais passer du Sardou !!!